Le fondateur

Patrick de Brou de Laurière

Ancien élève de Nadia Boulanger, pianiste virtuose, Patrick de Brou de Laurière fut également un collectionneur passionné de voitures anciennes. Tout au long de sa vie, il s’est distingué par un engagement constant en faveur des arts et de la culture, qu’il a soutenus par un mécénat actif et éclairé.

Souhaitant prolonger cette action au-delà de sa disparition, survenue en mai 2010, il a créé un Fonds de dotation portant son nom.

Son attachement profond aux arts l’a conduit à inscrire parmi les objectifs du Fonds la promotion de l’art-thérapie. Si les bienfaits de cette pratique sont connus depuis l’Antiquité, son développement moderne s’est amorcé aux États-Unis dans les années 1940. En France, les premières expériences structurées ont vu le jour dans les années 1960 à l’hôpital Sainte-Anne, à Paris. Reconnue par la communauté scientifique à l’occasion d’un congrès médical international en 1986, l’art-thérapie est aujourd’hui pratiquée dans de nombreux établissements hospitaliers en France.

Un héritage familial d’innovation et d’engagement

Issu de lignées anciennes et remarquables, Patrick de Brou de Laurière s’inscrit dans une histoire familiale marquée par le service public, la recherche scientifique et l’esprit d’innovation.

Du côté maternel, sa mère, Odette de Fayolle appartient à l’une des plus anciennes noblesses du Périgord. Elle compte notamment Henri Bertin, ministre et contrôleur général des Finances sous Louis XV puis Louis XVI, qui joua un rôle déterminant dans l’introduction de la pomme de terre en France, contribuant ainsi à l’amélioration des conditions alimentaires des populations. Il fut également à l’origine de la création de la première école vétérinaire au monde, fondée à Lyon.

Du côté paternel, son père, Pierre de Brou de Laurière, dirigeant de la maison de vins bordelaise « Seignouret », transmit à sa famille son goût pour les voyages et l’automobile.

En 1930, il participa, avec son épouse Odette, à la traversée du Sahara en Bugatti. À cette occasion, Odette de Laurière devint la première femme à accomplir cette traversée en automobile.

La famille Laurière compte également plusieurs figures marquantes du monde médical. L’arrière-grand-père et le grand-père de Patrick de Brou de Laurière, Pierre et Paulin de Laurière, furent tous deux médecins. Le premier publia un ouvrage de référence sur la « suette », une maladie épidémique qui sévit en Dordogne au XIXᵉ siècle. Le second, spécialiste de la chorée et notamment de la chorée de Sydenham, était connu pour son dévouement aux plus démunis, qu’il soignait gratuitement. Il exerça également les fonctions de maire de Cendrieux et de conseiller général de la Dordogne.

Une filiation industrielle majeure

Par sa grand-mère paternelle, Cécile Daubrée, Patrick de Brou de Laurière est directement lié à l’histoire fondatrice de Michelin. Son ancêtre Édouard Daubrée cofonda à Clermont-Ferrand, avec son cousin Aristide Barbier, la manufacture Barbier-Daubrée, entreprise qui deviendra quelques années plus tard la société Michelin.

La firme Barbier-Daubrée est née au milieu du XIXème siècle à Clermont-Ferrand, lorsque Édouard Daubrée et Aristide Barbier unirent leur savoir-faire et leur esprit industriel pour créer une manufacture pionnière dans le domaine du caoutchouc. Édouard Daubrée avait en effet épousé Élisabeth Pugh Baker, nièce de Charles Macintosh, l’inventeur du procédé de traitement du caoutchouc, qu’ils introduisent ensemble en France.

Face aux difficultés rencontrées par les premières manufactures de caoutchouc et à la rapide transformation du secteur à la fin du XIXème siècle, le rapprochement entre Barbier-Daubrée et Michelin s’imposa comme une nécessité industrielle : Édouard Daubrée, par son expérience et son savoir-faire acquis avec Barbier-Daubrée, posa les bases techniques de cette transition, tandis que Louis Michelin (époux d’Adèle Barbier et gendre d’Aristide Barbier) initia la reprise, et que ses fils, André et Édouard Michelin, structurèrent la création de Michelin et Cie.

Une part significative du Patrimoine de Patrick de Brou de Laurière, aujourd’hui transmise au Fonds de dotation, trouve ainsi son origine directe dans cette filitation industrielle et entrepreneuriale liée à Michelin, incarnant un héritage durable d’innovation, de progrès technique et d’intérêt général.